UN FESTIVAL POUR CÉLÉBRER ET PARTAGER NOTRE PATRIMOINE

Rendez-vous carnacois incontournable, la 5ème édition du festival TERRAQUÉ créé par Clément Mao – Takacs vient illuminer la commune pour la fin d’été. Grâce à ce remarquable musicien et pédagogue accompagné par les excellents musiciens de son SECESSION ORCHESTRA et une pléiade de personnalités artistiques exceptionnelles, le festival TERRAQUÉ propose un itinéraire musical et géographique singulier.

Sillonnant le territoire, ils nous invitent à (re)découvrir la commune et son riche patrimoine historique, naturel et culturel. Chapelles, vestiges mégalithiques, plages et campagnes verdoyantes constituent un écrin exceptionnel pour l’expression de la musique et de la création artistique.

Le festival TERRAQUÉ est une formidable aventure musicale et humaine, grâce à l’implication remarquable des artistes, des organisateurs, des bénévoles et des partenaires toujours plus nombreux. Cette semaine musicale est un évènement majeur qui réaffirme la place, essentielle, de la culture dans la vie de notre commune

Olivier Lepick
Maire de Carnac

UN TEMPS RETROUVÉ, UN ESPACE RÉINVESTI PAR LA CONJUGAISON DES ARTS

Pendant les longs mois de la crise que nous venons de traverser, la musique vivante nous a manqué. Aux quatre coins du monde, elle a été, un temps, réduite au silence. Ce silence, nous sommes au moment de le rompre, bien conscients que quelque chose de neuf, en la matière, est à inventer. Définir de nouvelles façons d’interpréter la musique et de l’écouter ? Tisser, du musicien à l’auditeur, des liens différents ? Faire la part belle à des répertoires oubliés, à des œuvres récentes ? Jouer à questionner les usages et les traditions ? Il s’agit en tout cas de ne pas se cantonner frileusement à ce que nous avons connu. Il s’agit que puissent s’élever les voix de ceux qui, durant ce temps de clôture, ont invisiblement pensé et préparé ce renouveau.

Le festival TERRAQUÉ advient et revient en son temps, en sa saison. Il se veut inébranlable et fidèle, à l’exemple des menhirs, imperturbable et régulier comme la marée, et tout aussi souple et malléable que le sable de nos grèves. Loin d’être replié sur lui-même, ou réservé à une élite, il se met au service d’une transmission culturelle et pédagogique de grande qualité. Et cette cinquième édition promet de réjouir les cœurs, les corps et les âmes ! Un temps retrouvé, un espace réinvesti, voilà ce vers quoi nous mène cette conjugaison des arts, que le travail opiniâtre et l’incontestable maestria des musiciens rendent si riche de sens et de beautés.

Émilie de Fautereau-Vassel
Présidente de l’association Festival Terraqué

L’AMOUR QUI MEUT LE SOLEIL ET LES AUTRES ÉTOILES

Chaque édition du festival Terraqué est unique. Chaque année, il me faut repenser avec mon équipe une programmation intégrale en tenant compte de ce qui est possible et surtout des impossibilités ; s’appuyer sur les bonnes volontés et jongler avec les mauvaises ; tâcher d’éviter les chausse-trappes et dissiper les malentendus ; écouter patiemment l’expression des multiples égos, lever les réticences, et devoir, encore et toujours, convaincre. C’est un éternel recommencement, et l’image de Sisyphe vient à propos – pas sûr qu’il soit aussi heureux que Camus nous invite à l’imaginer, ce pauvre homme !

Chaque édition est donc à l’image d’une gestation et d’une naissance ; et même si l’on connaît le processus, il comporte forcément son lot de variations et d’inattendu. L’an passé fut une année difficile : alors que nous avions prévu et attendions la plus belle des éditions en réponse à la pandémie, il y eut un avortement forcé suivi d’un accouchement au forceps. Mais, même un peu plus malingre que d’ordinaire, l’enfant a survécu – heureusement !

En 2021, j’ai choisi à la fois de regarder en arrière et en avant : en arrière, parce que, pour la 5ème édition, il m’a semblé important d’essayer d’offrir aux publics un peu de ce que nous avions prévu de vivre l’an passé, et de faire aussi une synthèse de ce qui a fait le succès des années précédentes ; en avant, parce que j’entrevois ce qui désormais ne pourra plus se faire à l’identique, et qu’il faut doucement changer pour que le festival puisse se pérenniser harmonieusement.

C’est également une année-charnière, une année de transition, où nous changeons de Présidente – et je ne saurai jamais assez remercier Sylvie Madec pour son implication depuis 2017, tout en accueillant chaleureusement Émilie de Fautereau-Vassel qui nous rejoint à la tête de l’association Festival Terraqué.

Surtout, il m’a semblé que nous ne sortons pas indemnes de cette pandémie — nous n’en sommes d’ailleurs pas sortis du tout ! — : autour de nous, les morts sont toujours nombreux, et même si beaucoup continuent à vivre comme si de rien n’était, je crois que nous avons besoin de prendre le temps d’assumer un travail de deuil collectif. Car il est, plus que jamais, essentiel de penser et de vivre les choses collectivement – et la musique peut nous aider à cela. Un concert — et plus largement : un spectacle vivant — n’est pas un simple divertissement ou un produit de consommation : c’est un lieu de partage, d’émotion et de réflexion, qui doit bouleverser quelque chose en nous, qui doit nous bousculer, qui doit nous (r)éveiller.

C’est vers cela que tendent toutes les manifestations artistiques du Festival Terraqué. Comme chaque année, les concerts et les récitals se répondent, s’entrelacent, tissent les fils d’un conte, d’un voyage, d’une histoire qui est nôtre : on y parle autant de la mémoire que des disparu.e.s, de la joie et de la souffrance, des passions et de la raison, de trahison et de loyauté ; on y entend la musique des mots et les mots en musique ; on y entend plus d’une langue, et notamment la langue bretonne ; on y parle des corps et des âmes, du charnel et du spirituel, de la lassitude et de l’exultation, du présent qui est comme l’eau qui coule mais aussi de ce qui résonne au-delà de nous-mêmes…

J’ai voulu cette édition à l’image des précédentes, mêlant les piliers du répertoire aux œuvres moins connues ou à (re)découvrir. Bien sûr, vous aurez, avec nos merveilleux artistes invité.e.s durant ces journées de festival, des guides éclairés – tout comme Virgile mena Dante à travers les cercles infernaux et les monts du Purgatoire, jusqu’au Paradis resplendissant de lumière(s). Et bien qu’en cette heure terrible, nous voyions avec douleur la Terre brûler et les forêts se consumer, c’est un autre embrasement que je vous et nous souhaite : un feu de joie maîtrisé autour duquel, tous ensemble, nous chanterons et danserons, animés d’un amour qui outrepasse l’humain (« transumanar ») – brasier ardent qui est, peut-être, l’image exacte de nos cœurs.

Clément Mao – Takacs
Directeur artistique