« DILEMMES »

concert | orchestre & voix

 ÉGLISE SAINT-CORNÉLY
Place de l’Eglise Carnac
(centre bourg)

vendredi 6 septembre | 21H

Axelle Fanyo, soprano
SECESSION ORCHESTRA orchestre
Clément Mao – Takacs direction

Durée du concert : 80’ sans entracte

Moussorgsky, Mozart, Puccini, Ravel, Verdi,

« Je ne veux pas d’emploi tant que je ne suis pas satisfaite de mon travail d’écrivain – et pourtant j’ai désespérément envie d’avoir un emploi – d’être remplie par la réalité extérieure – celle où les gens acceptent que les notes de téléphone, les repas à préparer, les enfants, le mariage fassent partie du dessein du monde. »
Sylvia Plath, Journal

« Nous avions besoin de temps pour éclaircir la signification de tout cela, trouver une façon de l’assumer et de redéfinir le nom de notre amour. Il m’avait appris que la contradiction est souvent la voie la plus évidente vers la vérité. »
Patti Smith, Just Kids

A gauche ou à droite ? Ceci ou cela ? Lui/elle ou moi ? Le/la piéger ou souffrir en silence ? Le/la sauver ou le/la laisser périr ? Le/la haïr ou l’aimer ? L’attendre sans cesse ou vous lasser et refaire votre vie ? Espérer en la bonté du Ciel ou abattre de vos mains le monstre ? Aimer et admirer l’assassin de votre père ou honorer la mémoire de celui-ci en renonçant à l’homme ou la femme que vous aimez ? Revenir au couvent ou vivre une vie de débauche ? Dénoncer votre ami qui vola, tua, ou vous taire à jamais pour le protéger ? Tester avec un risque mortel sur des animaux un vaccin qui pourrait sauver des vies humaines ou y renoncer ? Etc…, etc…, etc…

Vous vous interrogez, et vous faites bien : deux voies – au moins – s’offrent à vous. D’ailleurs, elles déboucheront peut-être sur le même résultat, vous laissant de toute façon insatisfait·e. Tout vous est inconfort, rien ne vous convient dans ce qui vous s’offre à vous – sinon, peut-être, de demeurer dans cet état d’incertitude et d’interrogation. Que vous voilà mal lotti·e ! Ah, bien sûr, vous aimeriez ménager la chèvre et le chou, joindre l’utile à l’agréable, avoir le beurre et l’argent du beurre ; mais non, il vous faudra choisir en définitive, l’une de ces propositions qui vous déplaisent autant l’une que l’autre parce qu’aucune ne saurait vous satisfaire parfaitement.

Plongé·e dans vos réflexions, vous hésitez. Où est le faux, le vrai, le juste, l’équitable ? Vous êtes au pied du mur : il vous faut choisir entre deux choses qui s’opposent, qui s’affrontent, que vous désireriez concilier. Le dilemme, c’est la respiration qui précède l’acte de trancher le nœud ; c’est le temps de l’hésitation, un espace où la pensée va et vient ; c’est la réflexion et la pesée avant l’action. Au fond de vous-même, si vous vous l’avouiez, vous savez bien vers quel terme vous penchez, secrètement ou pas : mais vous vous octroyez ce luxe de l’indécision – qui ne peut être prolongé indéfiniment, hélas, mais que vous savourez avec une gourmandise un peu coupable, un peu perverse même (et davantage peut-être ?) quand le dilemme est terrible et engage votre vie.

Ne pas choisir, ne pas décider, ne pas trancher : cela vous arrangerait bien : si cela était possible, vous voudriez contempler ces propositions, en suivre le cours, et – qui sait ? – les regarder se rejoindre finalement – presque en dépit de votre volonté. Car vous sentez bien que c’est cette tension qui rend vos dilemmes si passionnants, si nécessaires à votre existence ; et, vous retournant pour regarder par-dessus votre épaule, vous apercevrez vos doutes et questionnements passés qui, s’arc-boutant, forment, voûte après voûte, une nef immense et inachevée, dont l’architecture vous semblera familière et vous étonnera par sa solidité et la grâce de son équilibre.

C. M. T.