concert d’ouverture du festival « Baudelairiana »

orchestre & voix

 CHAPELLE DE LA CONGRÉGATION
8 place de la Chapelle
Carnac (centre bourg)

vendredi 31 août | 21H

Marion Lebègue, mezzo-soprano
SECESSION ORCHESTRA, orchestre
Clément Mao – Takacs, direction

durée : 80′ sans entracte

« Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas
vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes. 

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté. »

Charles Baudelaire, L’Invitation au voyage

« J’ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.

Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d’une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux. »

Charles Baudelaire, La Vie Antérieure

« Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. »

Charles Baudelaire, Correspondances

En ouverture de l’édition 2018 du festival TERRAQUÉ, Clément Mao – Takacs a choisi de présenter un programme original s’inscrivant idéalement dans les célébrations de l’Année Debussy, et dont la poésie de Charles Baudelaire sera le fil conducteur.

Profondément inspiré par la poésie baudelairienne, Debussy écrivit plusieurs mélodies sur des textes du poète, ainsi que des pièces instrumentales ou orchestrales que l’on peut rattacher à l’univers baudelairien. Avec ce concert, nous plongerons dans une atmosphère symboliste, post-wagnérienne, où le poète-musicien, tel un prophète, déchiffre les signes que lui offre la Nature et révèle au monde les « correspondances » mystérieuses et multiples d’une synesthésie raffinée et sensuelle.

La poésie de Baudelaire nous invite à regarder le monde comme étant composé de signes/symboles qui se répondent, depuis le passé jusqu’au présent, de la vie inconsciente à la conscience la plus lucide, de ce qui fut à ce qui est. Cette lecture herméneutique de la vie est la seule qui permette de supporter ce balancement perpétuel entre rêve et réalité, spleen et idéal, ennui et enthousiasme qui afflige et construit tout être, et, au premier rang, l’Artiste. Du désespoir et du mal-être naissent ces désirs lancinants pour des lointains, des horizons vagues, des unions parfaites et impossibles.

Des œuvres de Jean Cras – marin et compositeur – et de son maître Henri Duparc, approfondiront cette exploration des voyages et des mondes rêvés par Baudelaire et nous emporteront sur les vagues, dans l’ivresse du vent et de l’écume, d’une mer tour à tour sauvage et consolatrice, si souvent assimilée par le poète à la musique, et dont Debussy, avec ses Trois esquisses symphoniques qu’il appela La Mer, sut rendre toute la poésie faite de calme mystère et d’éclatante beauté.

Cras, Debussy, Duparc